• Héloïse PIERRE

Esport et Olympisme : en Asie, oui, mais pas ailleurs



Après l'enthousiasme qu'a suscité l'arrivée de l'esport aux Jeux d'Asie du Sud-Est (une compétition multisports organisée par la Fédération des Jeux d'Asie du Sud-Est, supervisée par le CIO et le Conseil Olympique d'Asie), tous les espoirs étaient tournés vers une potentielle annonce et invitation de la discipline aux Jeux de Tokyo en 2020, ou de Paris en 2024. Mais il semblerait qu'il faille attendre encore un peu, car lors d'une nouvelle réunion ce samedi à Lausanne, le CIO (Comité International Olympique) a annoncé qu'"une discussion à propos de l'inclusion de l'esport au programme olympique [était] prématurée" , malgré la rencontre entre les membres du comité et les acteurs du monde de l'esport qui avait eu lieu il y a quelques mois.


Le CIO a en revanche déclaré que le mouvement olympique ne pouvait totalement ignorer l'esport et sa croissance fulgurante, "en raison de sa popularité auprès des jeunes générations du monde entier". Il a également été reconnu que "le jeu électronique de compétition comportait une certaine activité physique pouvant être comparée à celle de sports plus traditionnels" : c'était la première fois qu'une instance officielle aussi importante se positionnait sur le débat à propos des liens entre esport et sport traditionnel, question qui avait déchaîné les passions il y a un peu plus d'un an, notamment grâce aux recherches de Nicolas Besombes.


Ce qui freine le CIO semble être l'amalgame encore trop fréquent entre jeu vidéo et esport. Il a ainsi insisté sur la différence notoire entre les deux : pratique compétitive voire professionnelle du jeu vidéo contre jeu vidéo de loisir. "En revanche, cela [que la pratique professionnelle du jeu vidéo pouvait être comparé au sport, ndlr] ne peut pas nécessairement être dit du jeu électronique de loisir. [...] Nombre de jeux ne sont pas compatibles avec les valeurs olympiques, et par conséquent une coopération avec eux est exclue [...]" .


L'esport doit donc "faire l'objet d'un dialogue et d'une étude plus approfondis", pour lesquels le CIO encourage les fédérations nationales à "explorer les avantages et applications possibles des versions électroniques et virtuelles de leurs sports".


Fingers crossed, donc...


Héloïse PIERRE

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